Après Huahine, nous partons pour Bora Bora, la dernière étape de notre voyage. L'arrivée sur Bora Bora est tout simplement magnifique: l'île vue d'en haut est la plus belle que nous ayons vue, avec son relief surplombant un lagon turquoise, mis en valeur par le soleil qui est enfin au rendez-vous. L'aéroport de Bora Bora étant situé sur un motu, petite bande de sable qui forme un îlot non loin de l'île principale, nous devons prendre un bateau pour rejoindre l'hôtel. Cela nous donne l'occasion de découvrir encore davantage les paysages de rêve.
Notre séjour à Bora Bora sera consacré à des activités aquatiques: les plages sont grandes et belles, à deux pas du bungalow, le soleil est au rendez-vous, et quand nous sommes pas dans l'eau ou en train de boire un jus d'ananas frais sur la plage, nous faisons notre baptême de plongée sous-marine ou le tour de l'île en bateau. Un petit bémol toutefois à cette description paradisiaque: l'île de Bora Bora est la plus touristique de toutes, et cela s'en ressent. Sur les paysages, où les hôtels cinq étoiles s'entassent et continuent de pousser avec une rapidité effrayante. Sur le lagon, où les bungalows sur pilotis se dressent sans respect pour les coraux en-dessous. Sur la vie même des habitants de l'île, dont l'activité essentielle est le tourisme, dans des conditions pas toujours idéales. Ainsi, c'est là-bas que nous avons vu (et photographié) des banderoles de protestation des employés en grève d'une grande chaîne d'hôtels internationale. Nous avons vu là-bas ce que l'on dit être le plus beau lagon du monde, et nous le croyons sans peine. Nous n'espérons qu'une chose: qu'il continue à l'être pendant longtemps encore. Malheureusement, c'est loin d'être assuré...
Après l'atterrissage sur le motu, qui nous permet de voir au loin l'île principale de Bora Bora, nous prenons le bateau pour la traversée, qui dure une vingtaine de minutes. Elle nous permet de profiter d'un soleil magnifique et d'une vue qui ne n'est pas moins...
Comme les autres hôtels, celui-ci est constitué de bungalows individuels, disséminés dans un jardin fleuri. Le notre n'est pas considéré comme "vu sur la mer" car un autre bungalow plus avant nous masque un peu la vue, mais de notre terrasse, nous avons tout de même une vue magnifique. La plage est réellement toute proche, et le jardin qui nous entoure contient une dominante de bougainvilliers et bien sûr de tiaré. Les bungalows eux-mêmes sont d'un style qui nous semble un peu japonais, en bois avec de nombreuses persiennes. Nous avons une grande terrasse, en bois également. Nous y prenons des photos à notre arrivée, notamment pour garder un souvenir des colliers de fleurs de tiaré fraîches qui nous sont offertes, comme à chacune de nos arrivées dans une île, en signe de bienvenue. Le soir venu, nous nous rendons compte que depuis notre terrasse, nous avons vue sur un magnifique coucher de soleil que nous nous empressons d'immortaliser (non sans une petite arrière-pensée sur la tête de nos collègues lorsque nous dirons, en montant cette photo en fond d'écran "Oui, là c'était ce que je voyais depuis ma terrasse à Bora Bora... ").
Cette dernière journée sur Bora Bora est l'une des plus belles que nous ayons passées. Après un trajet dans un bus peu ordinaire, constitué de longs bancs en bois entourés d'une carapace de feraille turquoise, nous avons embarqué dans un bateau de taille respectable. Suffisante, en tout cas, pour transporter un groupe d'une trentaine de touristes principalement japonais, quasiment tous en voyage de noces, un guide savoyard polyglotte, et un polynésien pure souche, lui, pour conduire tout le monde. Nous avons fait le tour de l'île, entrecoupé d'arrêts pour se baigner et admirer les poissons.
Après quoi, tout ce petit monde s'est retrouvé sur un motu pour voir des poissons et déguster un barbecue de poisson grillé et des fruits frais. Le motu, un îlot tout à fait digne de ce que l'on imagine en lisant Robison Crusoé, est doté d'un lagonarium. Il s'agit tout simplement d'un endroit du lagon protégé par des clôtures pour que les poissons ne puissent pas s'échapper et que les touristes puissent les y admirer à loisir, sans même prendre la peine de nager plus loin qu'à quelques mètres du bord. La population du lagonarium est renouvelée tous les deux ou trois ans (celle de poissons, les touristes se renouvellent beaucoup plus rapidement, le touriste moyen y passant rarement plus de quelques heures). Nous y voyons entre autres des poissons qui ont la particularité d'aimer l'ombre, et qui se massent contre nous pour profiter de notre ombre, un gros poisson blanc à taches noires super moche, qui a l'air vraiment méchant, des raies grises, des raies mantas magnifiques qui donnent l'impression de voler plutôt que de nager et surtout des requins. Et oui, nous avons nagé avec des requins, sans rien pour nous protéger, et ils passaient à quelques mètres à peine de nous. D'accord, ce ne sont pas des requins mangeurs d'hommes. Mais quand même, quand un requin citron de trois mètres de long, avec une tête et surtout des dents qui font un peu trop penser à un certain film, passe juste à côté de vous, et bien, vous ne faites pas le malin. Vous vous contentez de le regarder en pensant "d'accord, ils ne sont pas mangeurs d'hommes, mais quand même, s'il me regardait, là, tout de suite, et qu'il décidait qu'il n'aime pas ma tête? Ou qu'il a un petit creux? Hein?"
Cela dit, comme j'avais épuisé toute la pellicule de l'appareil photo sous-marin, vous devrez vous contenter de cette talentueuse description sans photos à l'appui. Les photos du motu que vous voyez ici ont été prises sur la terre ferme, lors du pique-nique et de la balade qui suivit. Une balade qui permet de se sentir réellement au bout du monde, sur une île déserte, avec quelques palmiers et l'eau turquoise pour seule compagnie...